Rentrée littéraire Octobre 2009
Editions Métaillé
publié par Jean, le samedi 5 septembre 2009
| Vers l’aube de Dominique Cooper Un roman qui peut trouver des répercussions en chacun de nous : notre vie n’est pas celle que nous aurions voulu qu’elle soit. C’est la déception face à ce constat, et une manière d’y réagir, que nous montre Dominic Cooper. L’idée est intéressante et méritait d’être traitée. Vers l’aube s’empare du sujet à bras le corps et le personnage central, Murdo Munro, est tout à fait convaincant. |
L’idée de fond de Vers l’aube est intéressante, et aujourd’hui, dans une société de concurrence exacerbée, nous pouvons tous croire que notre vie n’est pas celle dont nous aurions rêvé. Mais Dominic Cooper n’a pas choisi de mettre en scène un homme moyen, vivant dans un banlieue moyenne avec autour de lui une famille moyenne. Il a choisi un forestier d’une petite île de l’Ecosse, vivant dans un village reculé. Là, la concurrence est, comme ailleurs, une lutte pour sauvegarder les apparences.
Mais Murdo Munro est un peu trop faible, ou un peu trop fort, pour supporter toute sa vie le poids des apparences à sauver.
Alors, il commet un acte irréversible.
Le cheminement intérieur de Murdo est riche et bien décrit, et surtout, l’auteur ne prête à son personnage que des réflexions intellectuelles à son niveau. Il ne s’amuse pas à en faire un intellectuel tourmenté, Murdo n’est qu’un homme simple, qui ne cherche qu’à vivre simplement.
Toutefois, la faiblesse de ce roman tient à une certaine facilité à laquelle l’auteur se laisse aller parfois, dans l’histoire du roman lui-même, dans la description de certains personnages, voire dans certaines analyses de Murdo. Certaines facilités dans le style littéraire lui-même font que de belles phrases sont juxtaposées à d’autres, assez lourdes.
Ma plus grosse déception a été le dernier chapitre, dans laquelle Dominic Cooper donne l’impression de trouver une parade pour esquiver une vraie solution et une vraie réponse de Murdo face à la vie. Peut-être est-ce pour laisser à chacun la liberté de répondre à sa manière ?
Quoi qu’il en soit, Vers l’aube est un bon moment de lecture. A proposer à tous, sous réserve de n’avoir pas trop d’idées noires à ce moment là !!
Murdo Munro travaille dans les forêts de son île natale sur la côte ouest de l’Ecosse. Il s’est depuis longtemps résigné à sa solitude et à l’hostilité froide de sa femme lorsque, le jour du mariage de sa fille, devant la perspective du face-à-face conjugal qui l’attend, il décide de brûler sa maison et de partir. Munro marche dans cette forêt qu’il aime, monte dans un bateau et va rejoindre sa sœur. Après des semaines vécues dans la crainte d’être rattrapé il décide de faire face à ses responsabilités et de retourner chez lui.