Blog d'actualité littéraire


Accueil > Blog > * Revue de presse > Reflexions sur la littérature engagée à l’occasion de la mort d’Aimé (...)

Reflexions sur la littérature engagée à l’occasion de la mort d’Aimé Césaire

littérature engagée et propagande

publié par Claire, le vendredi 2 mai 2008

On en a beaucoup parlé ces derniers temps, on l’étudie parfois, mais qui lit Aimé Césaire ? La symbolique de son personnage est-elle littéraire ou politique ?

Donc, je demande : La littérature peut-elle être un moyen d’expression sociale ou politique ? Une oeuvre a-t-elle plus ou moins de valeur lorsqu’elle est engagée ?


Beaucoup d’œuvres dites engagées donnent la nausée, le but partisan de l’auteur transparaissant sous la qualité de l’écriture. L’exagération des caractères, des situations et des comportements discrédite l’œuvre et agace le lecteur. L’œuvre de propagande cache bien mal ses haillons sous les habits de la littérature. C’est dit, la littérature de commande et particulièrement la littérature de commande soviétique, produite au kilomètre de 1917 à 1989 n’est pas de la littérature engagée. C’est de la littérature partisane qui ne montre qu’une chose : la soumission de son auteur à un pouvoir. Exactement le contraire de ce que l’on attend de la littérature engagée. Mais la plus simple preuve qu’il ne s’agit même pas de littérature est de vous demander de me citer un seul de ces ouvrages de propagande.

....

J’attends.

...

Toujours rien ? Alors, la preuve est faite !!

Mais il faut reconnaitre que le souffle et l’envergure d’une œuvre peut avoir son origine dans un engagement de l’auteur qui va nous parler de ce qui lui est cher, de ce qui lui tient à cœur.

Et puis, la littérature se justifie-t-elle par elle-même ? Sans une cause à défendre, ne risque-t-elle pas de tomber dans la romance nombriliste ? L’art pour l’art est-il une fin en soi et qu’a à nous apporter un auteur qui ne veut rien dire ?

Au fond, toute bonne littérature n’est-elle pas engagée ? Le propre de la littérature est de nous faire partager les émerveillements, les détresses et la vision du monde d’un auteur. Et cela, c’est prendre parti, refuser la neutralité : c’est s’engager.

Des penseurs peuvent être engagés, on cite souvent JP. Sartre ; des pamphlétaires comme G. Bernanos (lire “Les Grands cimetières sous la lune") sont de toute évidence de ceux que l’on appelle ’engagés’ , mais des auteurs comme Léon Bloy (se rappeler le cri furieux de “La femme pauvre”) ou Jean Anouilh (“Les poissons rouges”sont une critique mordante d’un monde à part et de nos égoïsmes personnels) sont aussi, à leur manière, des auteurs engagés.

Alors, oui à la littérature engagée et “Longue mort" à Aimé Césaire !! (oui, comme il est déjà mort, il ne reste plus qu’à lui souhaiter que l’on se souvienne de lui le plus longtemps possible... d’ailleurs le temps qui passe a le mérite de nous rendre lucide sur la réalité des chefs-d’œuvre et sur l’immortalité des grands hommes de nos Panthéons. )

PS : Puisque toute bonne littérature est engagée, pourquoi certains tiennent-ils tant à faire savoir que leur propre production est elle-même engagée ? Effet de mode ou tentative louable de nous faire comprendre, à mots couverts, qu’il s’agit en fait de propagande ?

Piste de lectures :
- Les Grands cimetières sous la lune, Bernanos
- La femme pauvre, Léon Bloy
- Les poissons rouges, Jean Anouilh
- Cahier d’un retour au pays natal, Aimé Césaire
- La tragédie du roi Christophe, Aimé Césaire

Accès au guide de conseils de lecture personnalisés

P.-S.

Répondre à cet article


Lirémoi - La Littérature de vos choix, le Blog | généré dynamiquement par SPIP .