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Pyramiden, Kjartan Flogstad (essai)

Portait d’une utopie abandonnée :

Pyramiden, Kjartan Flogstad (essai)

Littérature norvégienne

publié par Claire, le mercredi 6 mai 2009

Loin là-haut, à 10 degrés du pôle nord, sur l’archipel perdu du Svarbard, territoire norvégien, les Russes exploitent quelques mines de charbon

Pyramiden : Portrait d’une utopie abandonnée, Kjartan Flogstad
Voilà un essai étonnant par un écrivain norvégien à la fois poète, romancier engagé, essayiste et baroudeur.

Critique de Pyramiden : Portrait d’une utopie abandonnée, Kjartan Flogstad

Kjartan Flogstad est allé sur place, à Pyramiden et de ce voyage il nous transmet une analyse transversale. Ce compte rendu ne se limite pas aux considérations architecturales ou climatiques, Kjartan Flogstad, prospecteur, s’attache à comprendre la société de Pyramiden. Mythologie, économie, folklore se greffent à son analyse. Et grâce à une écriture légère qui résonne longtemps dans nos esprits, peut être en raison des poèmes disséminés ça et là, la visite de Pyramiden est pour nous vivante.
Ville de Pyramidem, Svalbard Pyramiden est une ville minière perdue dans l’archipel arctique du Spitzberg (Svalbard) et abandonnée en 1998. A l’inverse de Pompéi, ou de sites d’Amérique Latine, figés eux aussi dans le temps, Pyramiden dérange le visiteur et nous aussi lecteur : malgré toutes les infrastructures extraordinaires, les services, les vacances gratuites la construction de cette ville idéale n’avait pas de fondement très profond, puisque aucun habitant n’a "survécu" à la fermeture de la mine, aucun souvenir n’est valorisé.
Pyramiden ville du Svalbard
- la grande puissance symbolique de la mine
Kjartan Flogstad fonde son interprétation des lieux sur une analyse symbolique et culturelle de ce monde souterrain. La mine est selon lui, la clé de lecture de cette ville. Elle a façonné les esprits en profondeur. La ville de Pyramiden est alors moins le symbole d’une utopie socialiste que le symbole de l’héroïsme ouvrier. C’est à partir de la matière première brute que l’ouvrier transforme le charbon en produit utile pour la société. Ce travail à la mine peut être mortellement dangereux et à la limite de l’existence. Cet entre deux lui donne une force évocatrice que l’on retrouve dans une "littérature souterraine" représentée surtout par des auteurs comme Zola (Germinal ) et Orwell. Kjartan Flogstad s’étonne alors de ne trouver nulle part de textes norvégiens ou russes qui racontent l’existence héroïque de ces travailleurs. "Aucun folklore particulier ne s’est développé autour des mines russes, semble t-il "P69.
Aujourd’hui la ville subsiste, témoin d’une architecture idéale socialiste, conçu pour être éternelle. Mais l’échec est là, l’utopie est dévoilée : "Nous savons aujourd’hui que la consommation de charbon, et les puits vides sous nos pieds et dans des mines comme Pyramiden, nous font tous marcher sur un sol mouvant, vers un avenir incertain" P34.

Quelque mots sur l’auteur

Kjartan Fløgstad, né en 1944, est connu en Norvège comme poète, romancier engagé et essayiste. Ancien marin, il est toujours resté proche de la classe ouvrière. Habitant du grand Nord de la Norvège, il a longtemps vécu à quelques kilomètres de la frontière russe. En France ont déjà paru Le Chemin de l’Eldorado, Esprit ouvert, 1991, et Grand Manila, Stock, 2009.

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P.-S.

Sources iconographiques

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