Edition Flammarion
publié par Claire, le lundi 6 avril 2009
| Très clairement Paulo Coelho critique cet univers de paillettes, de beauté et de réussite. A la lecture de ce roman, la fiction et la réalité ne sont pas bien éloignées. Auteur à succès, Paulo Coelho, à un regard plus objectif que nous, lecteurs de magazine People. Aussi si vous voulez garder une image idyllique de vos stars favorites, ce livre n’est pas pour vous ! |
La particularité de ce roman est de nous entrainer dans les coulisses du festival de Cannes. Rendez-vous glamour par excellence. Au rythme ultra précis des chapitres (comme pour signifier la maitrise absolue de soi à travers la notion du temps), de 3h17 à 1h55, c’est presque 24H00 de la vie cannoise qui est racontée.
Du personnage d’Igor : séduisant quadragénaire, viril et protecteur à souhait , à Gabriela , jeune actrice idéaliste mais ambitieuse. En passant par la pauvre Jasmine, mannequin contrariée et bien sûr par
Ewa, la femme parfaite qu’aucune épreuve ne semble atteindre, le lecteur va vite déchanter.
Quelle affreuse douche froide ! Où sont les scénarios parfaits des médias ? Le festival de Cannes ne serait qu’un gouffre de tristesse ? Un château de paille ? une scène grandiose d’un film dont vous êtes le metteur en scène ?
Petit à petit, le thème de l’apparence se développe. L’auteur utilise avec talent tout un champs lexical. Il s’agit avant tout de "faire croire ", de "faire semblant" d’être super heureux , de"feindre d’être super ravie" d’assister à ce dîner et en permanence d’être"obligé d’avoir " l’air super heureux. Tout est si super !!! c’est la vie de la SUPER CLASSE.
Trouvez-vous toujours si enviable la vie de Georges Clooney et autres méga star ???
Comme le dit Ewa "Je suis la meilleure actrice". Et en effet jouer la comédie semble facile tandis que dire "j’ai peur" semble au delà de ses moyens.
A l’image du titre ou le mot solitude et vainqueur se heurtent pour signifier une contradiction inimaginable, ce roman est monté comme une la tragi-comédie.
Le drame vient du jeu des personnage : certains font preuve de lucidité ( Igor sait qu’au fond il n’aurait jamais pu arrêter sa course vers la réussite ), d’autres sont incapables de briser le costume lisse qu’ils se sont constitués. Au risque de tout perdre. Alors même si le fil conducteur est l’amour. Dans un univers régi par les seules règles de l’apparence, comment le sentiment qui demande le plus de transparence pourrait-il se construire ? Les couples sont des pantins sans volonté cohérente, qui se mentent à eux mêmes sans même s’en rendre compte.
Le drame vient aussi du décor : la Super classe. On y découvre les subtilités de son comportement, les contraintes, les astuces ( comme par exemple les appels bidons pour paraître très occupés, les conversations qui évitent les vrais questions, les nombreuses "chambres aux cadeaux" ). Paulo Coelho dévoile une sociologie de la super classe. On y découvre le syndrome de la célébrité, l’esclavage du pouvoir, un chemin sans retour et sans liberté.
Quand le rideau se baisse, le château de carte s’effondre.
Cannes ne serait-elle qu’une prison dorée ?
Le festival commence dans quelques semaines, si vous voulez le découvrir d’une façon inédite, plongez vous dans la lecture de La Solitude du vainqueur
Voilà un livre qui va vous rendre terriblement heureux d’être monsieur et madame tout le monde !
En plein festival de Cannes, la croisette fourmille de starlettes en mal de gloire, de puissants réalisateurs, d’acteurs de renom et de touristes surexcités. Parmi eux rôde Igor, un homme brisé par une rupture sentimentale et qui a décidé de se venger. Une fable à la fois cruelle et divertissante sur un monde aux valeurs morales en perdition.
Paulo Coelho est né en 1947 à Rio de Janeiro. Adolescent rebelle dans une famille conservatrice et étudiant contestataire plusieurs fois emprisonné sous un régime dictatorial, il devint parolier d’une des plus grandes stars du rock des années 70 au Brésil, Raul Seixas. L’Alchimiste, paru en 1988 au Brésil, est devenu un best-seller mondial aujourd’hui traduit dans 59 langues et publié dans 150 pays. Parmi ses dix ouvrages traduits en français, Flammarion a déjà publié Le Zahir, Comme le fleuve qui coule, Veronika décide de mourir et La Sorcière de Portobello.