Actes Sud
publié par Jean, le mercredi 8 septembre 2010
| Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants de Mathias Enard Dans ce roman sur une anecdote de l’histoire, le mystère de la création artistique est constamment frôlé, jamais résolu et plutôt rendu à la fois plus opaque et plus merveilleux. Ici, la vraie création artistique n’est pas celle de Michel-Ange mais celle de Mathias Enard, son écriture poétique, sobre et élégante donne beaucoup d’allure à son récit. |
L’idée du récit historique est intéressante. L’histoire échafaudée à partir de quelques faits réels porte déjà en elle-même le contenu d’un bon roman (assez court par ailleurs : 150 pages).
Mais ce qui rend si agréable la lecture de Mathias Enard est la langue qu’il nous parle. Par sa poésie, elle rappelle le Citadelle de Saint-Exupery. Une poésie rude et frustre qui a la beauté et la sobriété d’un mur en pierre de taille.
J’ai été captivé par la réelle poésie qui se dégage de Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants.
La trame du roman, originale du point de vue biographique de Michel-ange et de la rencontre entre deux cultures, reste assez simple :
plutôt scénario qui se déroule qu’intrigue qui se dénoue
Enfin, je dirais que ce roman a trouvé chez Actes Sud un éditeur qui, par l’image que l’on peut en avoir, lui correspond très bien !
Présélectionné pour le prix Goncourt 2010, ce roman mérite d’aller beaucoup plus loin !!
Ecoutons Mathias Enard nous parler lui-même de son ouvrage :
13 mai 1506, un certain Michelangelo Buonarotti débarque à Constantinople. A Rome, il a laissé en plan le tombeau qu’il dessine pour Jules II, le pape guerrier et mauvais payeur. Il répond à l’invitation du Sultan qui veut lui confier la conception d’un pont sur la Corne d’Or, projet retiré à Leonardo da Vinci. Urgence de la commande, tourbillon des rencontres, séductions et dangers de l’étrangeté byzantine, Michel Ange, l’homme de la Renaissance, esquisse avec l’Orient un sublime rendez-vous manqué. Par l’auteur du très remarqué "Zone" (prix Décembre 2008 et prix du livre Inter 2009).
Né en 1972, Mathias Enard a étudié le persan et l’arabe et fait de longs séjours au Moyen-Orient. Il vit à Barcelone. Il a publié deux romans chez Actes Sud : La Perfection du tir (2003) qui parait en Babel, et Remonter l’Orénoque (2005). Ainsi que, chez Verticales, Bréviaire des artificiers (2007)