Une enquête d’Adam Dalgiesh
publié par Claire, le vendredi 5 juin 2009
| Une mort esthétique, P.D James
La baronne P D James (elle a été anoblie par la reine en 1990) a quelque chose de volcanique. Cette fraiche dame de 88 ans, très conservatrice, membre de la chambre des Lords et membre de la commission liturgique de l’Eglise anglicane, nous régale de ses romans policiers assez saignants mais toujours travaillés comme un orfèvre. |
Le succès de ses romans policiers tient sans doute de cette alliance entre une éducation et une vie policée et une liberté de création. Ce facétieux paradoxe jete le trouble et l’effroi dans chacune de ces intrigues.
J’ai lu son dernier roman avec le regard critique de celui qui guette la faute. Plusieurs heures de lecture très agréables plus tard, je suis séduite !
Une mort esthétique est ce que l’on appelle un bon polar. Celui qui nous prend et que l’on se réjouit de retrouver. L’intrigue est menée avec brio. Le lecteur ne s’ennuie pas. Les personnages, à la suite du distingué commandant Adam Dalgliesh, policier de Scotland Yard - poète à ses heures, sont attachants. Porté par une langue distinguée, P.D James soigne la "plastique" de son roman. Moins "fastidieux" à lire qu’un bon Agatha Christie, mais tout aussi implacable, elle distille au fil des pages détails et dialogues en mettant l’accent sur la psychologie de ses personnages.
Que l’enquête stagne ou progresse brusquement le fil est irrémédiablement tendu. Le lecteur prête l’oreille aussi bien vers les confidences des personnages que celles de l’équipe de police. Une vision à 365° qui rythme la lecture jusqu’aux découvertes les plus brutales.
Le décor est magique ! En plein hiver, au beau milieu du Dorset, un somptueux manoir . Bien sûr tous les ingrédients sont présents pour lui donner une atmosphère pesante. Lourde du passé trouble de ses habitants, de la légente de Mary Keyte, de l’isolement imposé par les villageois. Dans un décor digne d’Hitchcock, avec ses planchers grinçants, son long couloir trop silencieux, des déplacements nocturnes étranges, et un cercle de pierres hanté, le huit clos est posé. Le crime peut être commis .
Le cadre luxueux de la clinique de chirurgie esthétique, réservé à une clientèle triée sur le volet et en quête de discrétion ne laissera pas Rhoda Gradwyn sortir vivante, mais elle n’est pas la seule...
Quand la célèbre journaliste d’investigation Rhoda Gradwyn s’inscrit dans la clinique privée du docteur Chandler-Powell pour faire disparaître une cicatrice qui la défigure depuis l’enfance, elle a en perspective une opération réussie par un chirurgien reconnu, une paisible semaine de convalescence dans l’un des plus beaux manoirs du Dorset et le début d’une nouvelle vie. Mais, malgré le succès de l’opération, elle ne quittera pas Cheverell Manor vivante. Le commandant Dalgliesh et son équipe, appelés pour enquêter sur ce qui se révèle être un meurtre, puis sur une deuxième mort suspecte, se trouvent confrontés à des problèmes qui les mèneront bien au-delà de la simple recherche des coupables.