publié par Jean, le lundi 25 août 2008
Chez Jules VALLES, la révolte ressemble à celle de FREUD qui veut « tuer son père ».
VALLES est un homme d’action, militant, journaliste et écrivain, il nous montre son rejet de toute structure de la société et de toute tradition. Seule la révolution et la destruction ont une valeur pour lui. Il ne se bat pas pour améliorer ni la société, ni la condition des hommes, il se bat pour une idée de la révolution ; il se bat pour démolir et renverser. D’où son œuvre très amère, sur lui-même et sur la société. Il a connu un jour de gloire duquel il doit se satisfaire. Le passage dans la société de celui qui voulait y être « un ouvrier des luttes sociales » n’aura rien changé à la condition des humbles. Toutes ses souffrances sont vaines puisque tournées vers un but impossible à atteindre.
Le testament spirituel de VALLES, la trilogie de Jacques Vingtras (L’ENFANT, LE BACHELIER et L’INSURGE) s’achève sur un constat d’échec. Le monde n’a pas été changé, toutes ces luttes ont été stériles.
Léon BLOY a connu la même existence miséreuse que VALLES. Mais son cri accuse pour demander la justice qu’il voit bafouée tout autour de lui. Avec son vocabulaire emphatique et ses tournures de phrases inimaginables avant lui, Léon BLOY ne fait que demander justice pour les humbles autour de lui. Ses romans, d’une très grande force émotionnelle nous montrent dans l’homme le plus beau et le plus hideux. Il nous permet d’entrevoir la dignité de certaines misères.
Léon BLOY n’aura pas non plus réformé le monde, mais ce n’était pas son but. Il a poussé un cri sublime dans lequel il a mis toute sa fureur contre une société avare et mesquine. Depuis, nous ne pouvons plus voir les pauvres sans nous rappeler la grandeur et la misère contenues dans LE DESEPERE et dans LA FEMME PAUVRE.
Entre ces deux révoltes, l’une trouvant sa justification dans la destruction et l’autre trouvant son espoir dans une rédemption, il nous faut choisir, à moins de rester indifférent.
Cette indifférence qui provoque la révolte,… chez les autres …