Editions Léo Scheer
publié par Jean, le jeudi 20 novembre 2008
| Les "notes" sont un format littéraire rare de nos jours. Elles présentent l’intérêt pour l’auteur de pouvoir aborder tous les sujets qui lui viennent à l’esprit, au risque de perdre le lecteur. Ce n’est pas le cas ici ; quelque soit la longueur de la note, elle appartient soit au sujet de la littérature, soit au sujet du sexe, de rares échappées sur la musique sont aussi possible. Le tout, puisant son inspiration et ses modèles dans le plaisir de vivre du XVIIIème siècle français. |
Le format des notes permet de réveiller le lecteur, de donner un rythme à l’ouvrage. L’alternance des sujets et des longueurs des notes est bien choisie (ce qui rend par ailleurs l’hypothèse "carnets de notes prises au jour le jour" complètement improbable, mais n’enlève rien à la valeur de l’ouvrage).
Ecrit dans une belle langue, le temps ouvert est d’une lecture agréable.
Toutefois, certaines notes trop courtes ne nous permettent pas de saisir l’allusion que fait Vincent Roy, ce qui perd le lecteur. Tandis que d’autres, trop longues, semblent essouffler l’auteur qui s’emmêle, perd sa belle langue française et perd aussi son intérêt. Heureusement une note brève vient ensuite à nouveau nous stimuler !!
Les propos de l’auteur sont généralement intéressants et font preuve d’un réel gout personnel.
Cependant, les (trop) nombreuses notes "autobiographiques" sur le sexe sont d’une crudité froide et pornographique qui transforme le lecteur en voyeur et n’apporte aucune plus value à l’ouvrage.
Peut-être faut-il cela aujourd’hui pour paraître briser des tabous ?
Peut être faut-il en faire toujours plus pour ne pas paraître enfoncer une porte ouverte ?
C’est vraiment dommage et cela nous fait déconseiller ce livre.
D’autant plus dommage que, par ailleurs, les considérations plus "historiques" sur le même sujet sont assez intéressantes et originales.
Une curiosité, décalée et à contre temps. Il faudra quand même se demander : décalée et à contre temps de quoi ?
Si vous appréciez ce style d’écriture, je vous recommande alors de lire les Lectures de Jacques Bainville. Dans un français très pur et très exigeant, ce grand témoin de la première moitié du XXème siècle nous donne une grande leçon d’histoire et de réalisme politique, sans négliger pour autant la critique littéraire. Que demander de mieux ?
Les voici en trois éditions car ce livre est épuisé et pas facile à trouver...