Rentrée littéraire Aout 2009
publié par Claire, le jeudi 10 septembre 2009
| Le jeu de l’ange, Carlos Ruiz Zafon
Si vous habitez Paris et que vous sillonnez le métro, les affiches pour le dernier roman de Carlos Ruiz Zafon ne vous auront sans doute pas échappées. Cette fois le battage médiatique est au dessus de la moyenne, je suis désolée pour les inconditionnels de Musso et de Marc Levy, mais ici le coup de pouce est justifié. Non pas parce que Le jeu de l’angeva être le dernier roman à la mode et le sujet littéraire de tous vos dîners, mais par ce que vous allez passer un merveilleux moment de lecture. |
Le Jeu de l’ange est un pavé c’est vrai, mais l’écriture luxuriante de Carlos Ruiz Zafon nous entraine et nous plonge dans une Barcelone brumeuse et fantasmagorique qui nous fait perdre pied avec le monde réel sans effort.
Il semblerait que le thème des livres soit une source inépuisable d’inspiration pour l’auteur. Son dernier roman L’ombre du vent avait déjà utilisé ce prétexte ! Pourtant rien de ringard dans cette toile de fond au contraire terriblement romanesque.
Le jeu de l’ange raconte l’histoire de David Martin, un jeune écrivain talentueux mais qui ne se défait pas d’une sorte de poisse. Un jour pourtant un éditeur français lui passe une commande étrange capable de lui offrir fortune, notoriété et peut être plus. Il doit écrire une "histoire pour laquelle les hommes seraient capables de vivre et de mourir, de tuer et d’être tués".
Entre son désir d’être lu et reconnu et son indifférence à être publié sous un pseudonyme ronflant , le jeune écrivain poursuit cette chimère. Transformé lui même en une ombre, il lutte dans le labyrinthe de Barcelone pour vivre et apprendre à aimer.
Car si les personnages luttent contre eux-même quand ce n’est pas contre les autres, ils sont intimement associés à l’ambiance de la ville. La ville s’anime au travers de ses rues, de la brume qui l’habille, de l’obscurité qui la dissimule. Toute cette atmosphère semble déteindre sur les personnages et leur état d’âme. Les personnages sont peu à peu empoisonnés par cette ville, accaparés par cette fascination mystérieuse.
Carlos Ruiz Zafon réussit à mêler le réel à des scènes qui relèvent du fantastique. "si vous voulez un conseil, oubliez cette maison, oubliez mon mari et toute cette histoire. Partez très loin. Cette ville est maudite. Maudite".
Je parie que comme David Martin vous ne prendrez pas en compte ce conseil, et vous aurez raison !
Très bon moment de lecture à tous !
A découvrir aussi de cette rentrée littéraire 2009 :
Les éditions Actes Sud vous invitent à entrer dans une fiction au charme délicat du Vietnam et de la musique :
La double vie d’Anna Song, Minh Tran Huy
Un excellent roman qui nous plonge dans les tous débuts des Etats-Unis d’Amérique, au 18ème siècle, lorsque les colons et les indiens se partageaient encore la terre, plus pour très longtemps....
Manituana, Wu Ming