| Le Corps du crime de Francis Aylies Dans nos vies les grands chocs de l’existence ouvrent ou ferment nos portes à Dieu. C’est le postulat de départ de ce roman policier qui voit une femme s’ouvrir peu à peu à la spiritualité après la mort de son ami. Cette trame psycho-spirituelle s’inscrit dans l’enquête amateur que mène cette femme pour résoudre l’énigme de la disparition d’un enfant de la rue. Cette disparition est elle même au cœur d’une lutte d’influence entre des tendances opposées à l’intérieur de l’Eglise catholique. |
Un premier point qui n’a l’air de rien mais qui est surprenant : le titre et l’image de la couverture sont trompeurs et n’ont aucun point commun avec le récit !! A première vue on pense à un roman à la Dan Brown et à des fantasmes sur les fonds reculés des monastères.
Fausse piste, ce n’est absolument pas le sujet !!
Ensuite, ce roman est bien plus que militant et partisan, il est partial et manichéen : les gentils sont vraiment très gentils et les méchants sont vraiment très méchants. D’ailleurs,ces derniers n’ont pas le droit à la parole pour expliquer leur point de vue, seul les accusateurs peuvent s’exprimer : un véritable tribunal révolutionnaire.
Sans prendre parti entre les deux positions extrêmes et caricaturales qui sont présentées ici, on peut quand même trouver que de la part d’un homme d’Eglise, le procédé manque d’élégance !!
Sortons de la polémique et regardons le roman en tant que tel : la trame est quand même bien tirée par les cheveux (capillo-tractée dirions nous pour faire chic) et le style de l’écriture, sans être complètement plat n’est pas flamboyant non plus...
Vous l’aurez compris, pour vos lectures de cet été, je ne saurais que trop vous conseiller de vous orienter ailleurs !! (Un polar sur un sujet complètement différent : Ici par exemple)
Un roman policier peut-il ouvrir sur un vrai débat autour de la spiritualité et de la vie de l’Eglise ? C est ce défi que le père Francis Ayliès s est lancé.
Marcia vient de perdre son ami : la drogue. A 40 ans, pour se changer les idées et soigner son vague à l âme, elle part le long des côtes italiennes. A Gênes, tout s accélère. Un crime a-t-il eu lieu dans une église ? Le jeune Marco a-t-il été enlevé par un groupe de traditionalistes qui se retrouvent dans l’ancienne cathédrale de San Siro ? Pendant son enquête, Marcia va rencontrer le père Stefano et toute la bande qui l entoure : ils ont dix-huit ans, vivent en marge, entre le chômage, la drogue, la prostitution... Marcia va progressivement s intégrer au groupe, partager leurs angoisses, s ouvrir à leurs indignations... et surtout comprendre que ses propres interrogations sur le sens de la vie peuvent trouver des orientations dans les Écritures, où Jésus est un homme confronté comme chacun d’entre nous aux tourments de l’existence.
A travers cette intrigue, qui met principalement en scène la confrontation actuelle entre les partisans d’une église traditionaliste et ceux inspirés par Vatican II, le père Francis ouvre donc aussi notre réflexion aux questions fondamentales sur la place de Dieu ou du divin dans notre monde, sur les notions de violence, de mort ou d’abandon ainsi que sur le désarroi général des chrétiens face à la pratique de leur foi et l’état de leur Eglise. Un livre ambitieux qui cherche à allier l’art du suspense à la réflexion sur la spiritualité.
Francis Aylies est né au Pays basque. Il est ordonné prêtre à Gênes et débute sa carrière à Tours. Depuis huit ans il est à Bordeaux, à La Trinité au Grand Parc.