Blog d'actualité littéraire


Accueil > Blog > * Critiques de livres > Le cimetière de Prague- Umberto Eco

Le cimetière de Prague- Umberto Eco

Editions Grasset

publié par Jean, le samedi 30 avril 2011

La deuxième moitié du XIXème siècle fut une période historiquement très riche, bien qu’un peu oubliée. Elle s’est achevée, entre autre, avec la parution des "Protocoles des sages de Sion" en 1905.
Umberto Eco nous propose ici sa version.

Le cimetière de Prague de Umberto Eco

Entre maladies mentales, combinaisons louches, montages malhonnêtes et détestations diverses, des Juifs aux Jésuites, en passant par chaque peuple européen, le personnage du capitaine Simon Simonini répond assez bien au cahier des charges que lui àafixé Umberto Eco d’être le personnage le plus détestable de la littérature.
Pourquoi alors se plonger dans une lecture qui ne va surement pas nous élever l’âme ni nous insuffler de grands sentiments ?

Avis sur le Cimetière de Prague

L’auteur a recours à de nombreux artifices littéraires pour donner une forme à son ouvrage et son personnage semble courir d’une action à l’autre. Tant et si bien que le fil conducteur du roman parait n’être que de suivre la vie obscure et mouvementé d’un Italien, émigré en France.
Puis, petit à petit se dégage la trame. La détestation des Juifs et l’occasion, purement pragmatique, d’accuser en eux une cible facile, conduit Simon Simonini à participer à la mise en place des préalables à la "Solution finale" par la rédaction des protocoles des sages de sion.

D’un point de vue du roman, le sujet et la forme sont assez bien trouvés et traités.
Du point de vue idéologique, ce qui ressort très nettement est que la Solution Finale a été préparée très soigneusement (dès avant la première guerre mondiale, quand même !) par le conditionnement des esprits. Les responsable n’en sont plus les Nazis mais les services secrets Français et Russes. Ce qui me parait quand même appeler une réaction des personnes et des services concernés puisqu’aujourd’hui, lorsque l’on touche à l’antisémitisme et par extension, à la Shoah, on touche à l’ultime valeur "sacrée" de notre société sans Dieu.

A part ce point de responsabilité historique fortement contestable, j’ai été content de retrouver cette ambiance des romans de cette époque.
Comme par exemple :
La trilogie de Jules Valès :
L’Enfant , Le Bachelier , L’Insurgé qui nous retrace l’itinéraire social et politique d’un jeune homme qui a prit part à la Commune.

Léon Bloy :
Le désespéré dans lequel on peut reconnaitre le portrait d’Edouard Drumont tel qu’il a été brossé aussi par Bernanos et La femme pauvre

Georges Bernanos :

La grande peur des bien-pensants , où l’on retrouve le personnage, historique, d’Edouard Drumond, journaliste fondateur de la Libre Parole.

conseils de lecture personnalisés : l'expérience et le service d'un libraire.

Présentation de l’éditeur

Trente ans après Le Nom de la rose, Umberto Eco nous offre le grand roman du XIXème siècle secret. De Turin à Paris, en passant par Palerme, nous croisons une sataniste hystérique, un abbé qui meurt deux fois, quelques cadavres abandonnés dans un égout parisien. Nous assistons à la naissance de l’affaire Dreyfus et à la création de l’évangile antisémite, Les Protocoles des sages de Sion. Nous rencontrons aussi des jésuites complotant contre les francs-maçons, des carbonari étranglant les prêtres avec leurs boyaux. Nous découvrons les conspirations des renseignements piémontais, français, prussien et russe, les massacres dans le Paris de la Commune où l’on se nourrit d’illusions et de rats, les coups de poignard, les repaires de criminels noyés dans les vapeurs d’absinthe, les barbes postiches, les faux notaires, les testaments mensongers, les confraternités diaboliques et les messes noires...

Les ingrédients sont donc réunis pour faire de ce savoureux feuilleton un diabolique roman d’apprentissage. Tout est vrai ici, à l’exception de Simon Simonini, protagoniste dont les actes ne relèvent en rien de la fiction mais ont probablement été le fait de différents auteurs. Qui peut, cependant, l’affirmer avec certitude ? Lorsque l’on gravite dans le cercle des agents doubles, des services secrets, des officiers félons, des ecclésiastes peccamineux et des racistes de tous bors, tout peut arriver...

Biographie de l’auteur

Umberto Eco, né en 1932, médiéviste, sémioticien, philosophe, critique littéraire et romancier, a connu un succès mondial avec son roman Le Nom de la rose en 1980. Président de l’Ecole supérieur des Etudes humanistes à l’université de Bologne, il est l’auteur de romans qui font date, parmi lesquels Le Pendule de Foucault, Baudolino, La mystérieuse reine Loana, et de nombreux essais, entre autres, L’œuvre ouverte, La guerre du faux, Histoire de la laideur, Histoire de la beauté.

Accès au guide de conseils de lecture personnalisés

P.-S.

Répondre à cet article


Lirémoi - La Littérature de vos choix, le Blog | généré dynamiquement par SPIP .