| La saga de l’empreur du Sneafell par Charles Berotte L’ancien empire a été divisé en deux royaumes lorsque l’empereur a refusé de suivre les voies de Dieu. Dans les deux royaumes, le peuple regrette les temps de l’empire, mais l’oligarchie en place réprime toute tentative de soulèvement. Un homme arrive miraculeusement à se faire sacrer empereur et tout aussi miraculeusement à reconquérir l’empire. Voici la trame, elle n’est pas mauvaise mais ne suffit pas pour ce livre. |
L’auteur annonce dès le départ son intention de faire de ce roman un outil d’évangélisation, mais "on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments".
J’ai été agacé par ce coté "catholique prosélyte" et pourtant ce n’est pas le genre de choses qui me gênent d’habitude ! Mais ici, les affirmations sans explications que si le catholicisme imprégnait la vie politique des royaumes, les peuples seraient prospères et heureux ; mais "comme le roi et la reine ne le veulent pas" le catholicisme est réduit à un rôle folklorique et donc tout va mal dans le royaume.
Cette thèse, que je partage, n’est absolument pas démontrée dans ce livre. Pour un sujet aussi important, il est difficile de croire l’auteur sur parole, et à part prêcher à des convaincus, je ne vois pas bien qui pourrait être ébranlé dans ces convictions par ce roman.
Pourtant, il n’est pas très compliqué de reprendre le Décalogue et les principales paroles du Christ pour montrer que lorsqu’on ne les respecte pas, les relations entre les hommes se détériorent.
Cela n’est pas montré dans le livre. On ne voit même pas en quoi les hommes sont mal gouvernés et encore une fois, il faut croire l’auteur sur parole. Plus surprenant encore, une fois l’empire reconquit par une empereur catholique, l’auteur ne nous montre pas non plus comment et pourquoi il va y avoir une période de paix et de prospérité partagée. Le lecteur n’est finalement pas convaincu que les choses vont réellement changer.
L’auteur affirme par contre que le pouvoir doit être repris par la force des armes. Je ne suis pas convaincu que l’Eglise catholique estime, à l’image de nos grands démocrates du printemps arabe, que la reconquête démocratique doive se faire par la force et les armes plutôt que par une évangélisation du peuple et de ses élites.
Si je passe sur les nombreuses invraisemblances du récit, sur les personnages assez mal définis, ce qui est pourtant particulièrement important dans un roman destiné aux adolescents, il est un autre point qui a retenu mon attention : le choix des mots.
Nous avons ici une lutte entre le bien, représenté par l’empire, et le mal, représenté par les royaumes. Or les empires sont généralement perçus comme des puissances hégémoniques froides et inhumaines (de l’empire romain aux empires industriels en passant par l’empire du mal) alors que le royaume est une autorité bienfaisante et à taille humaine.
Lorsque l’on s’attend à un nouveau Tolkien, cette lecture est assez décevante. Ce livre mériterait d’être réécrit dans quelques années, en n’ayant pas peur de le faire en trois fois plus épais. Cela pour éviter les raccourcis symboliques et les solutions de facilité qu’a pris l’auteur. Le monde de Tolkien ne mélange pas les épisodes symboliques et la réalité. Ces dimensions font corps l’une dans l’autre sans jamais faire perdre au récit sa crédibilité. C’est ce qui manque ici.
Dans des temps troublés par les révoltes et les guerres intestines d’un empire divisé depuis un millénaire par une immense faille, Richard, un noble déchu, entame une quête incroyable à la suite d’une rencontre avec un être mystérieux. Cette quête le conduit à vivre une véritable épopée qui ne manque pas de piquant ! De quête de sens en combats épiques il découvrira un ordre de chevaliers qui le conduira vers son destin
Charles Berrotte est âgé de 41 ans et père de quatre enfants. Militaire de carrière et scientifique de formation, il est passionné d’histoire des religions et des civilisations nordiques. Il a effectué de nombreux voyages dans l’Europe du nord et notamment en Islande ce qui lui a inspiré le titre de son ouvrage.