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La mosquée Notre-Dame de Paris année 2048 - Elena Tchoudinova

Une critique d’Arnaud

La mosquée Notre-Dame de Paris année 2048 - Elena Tchoudinova

Editions TATAMIS

publié par Invité, le samedi 18 juillet 2009

Un bon roman d’anticipation historique. Ce que pourrait être la France demain si nous laissons l’islam conquérant s’installer en France et en Occident.

La mosquée Notre-Dame de Paris, année 2048 par Elena Tchoudinova

Un fort roman d’anticipation historique qui, malgré son succès à l’étranger, a mis trois ans à trouver un éditeur en France.
Pourquoi ?
Sans doute que les thèses développées sont un peu contraires au politiquement correct...
Il faut dire que la présence de l’islam en France est aujourd’hui un sujet tabou. L’auteur cherche avant tout à provoquer un électrochoc et à réveiller nos consciences sur un avenir qu’elle perçoit peut-être avant nous.

Mon avis personnel sur La mosquée Notre-Dame de Paris année 2048

J’ai d’abord été accroché par le titre du roman, surprenant et délibérément provocateur : d’abord par la juxtaposition des mots « mosquée » et « Notre-Dame de Paris », éventualité paraissant impossible pour le moment, et pourtant…N’est-ce pas ce qui est arrivé à la basilique Sainte-Sophie, fleuron architectural et symbole du puissant empire romain chrétien oriental, tombé définitivement aux mains des Turcs en 1453 ? Ensuite par le clin d’œil manifeste à ces deux œuvres célèbres de la littérature occidentale récente que sont d’un côté Notre-Dame de Paris, de Victor Hugo, et de l’autre 1984, d’Orwell (19 + 1 = 20, et 84 inversé = 48), l’œuvre sombre où l’auteur décrit une société totalitaire du futur qui cherche à régner sur les pensées et les cœurs.
Même si pour le reste j’ai trouvé à la lecture le début un peu embrouillé, en raison de plusieurs changements d’époque, je me suis ensuite rapidement laissé captiver par l’histoire, qui n’est rien d’autre qu’une broderie nouvelle sur le thème éternel de l’affrontement entre le camp du Mal, ici le pouvoir musulman, décrit sous un jour bien peu flatteur, voire selon certains simpliste, et celui du Bien, celui des résistants, qui se répartissent en laïcs et catholiques traditionnels.
C’est sur ce dernier point que l’histoire m’a le plus surpris et paru intéressante : Elena Tchoudinova, une russe qui regarde donc de l’extérieur le monde occidental, avec un regard influencé par sa culture orthodoxe d’origine, présente comme le chef spirituel des résistants chrétiens un jeune prêtre, ce qui paraît logique, mais en soutane, ce qui l’est moins à première vue : l’abbé Lotaire est âgé de trente-trois ans, chiffre qui n’est pas choisi au hasard, comme le montre bien la fin de l’histoire, et a la particularité d’être ce que l’on appelle aujourd’hui un catholique traditionnel, d’aucuns diront un intégriste, puisqu’il a été formé dans les séminaires de la fraternité Saint-Pie X, fondée par monseigneur Lefebvre.
Elena Tchoudinova présente ainsi sous un jour très positif, ce à quoi nous ne sommes pas forcément habitués en Europe de l’ouest, l’ancien archevêque de Dakar, dont la consécration de quatre évêques contre la volonté des autorités romaines en 1988 a été le passage du Rubicon, pour sauver, selon lui, l’Eglise de l’autodestruction.
L’auteur considère en effet que, depuis le concile Vatican II (1962-1965), si encensé jusqu’à une date récente, mais regardé avec circonspection par certains, le « néo-catholicisme » a cédé aux sirènes de la modernité et s’est dilué progressivement dans le monde, au lieu d’en être la Lumière. Résultat : chute des vocations et de la pratique, affadissement de la foi, le nouveau rituel devenant le culte de l’homme se faisant Dieu, apostasie générale... Poussant sa logique jusqu’au bout, elle en arrive à imaginer qu’en 2048, il n’y ait plus de Pape et plus d’Eglise officielle, le dernier souverain pontife ayant dissout l’Institution et s’étant lui-même démis de ses fonctions vers 2030, l’humanité pour lui étant devenue suffisamment mature pour avancer désormais toute seule.
Bref, dans une logique surnaturelle, nous sommes dans les Derniers Temps, et le livre se clôt sur un dénouement à la fois tragique et empli d’espérance, sur lequel je n’en dis pas plus...
Seuls bémols peut-être :
D’abord un point de détail : l’abbé Lotaire est toujours appelé « révérend » par les autres personnages, ce qui est le titre classique des pasteurs protestants dans le monde anglo-saxon. Est-ce une erreur de traduction, ou déjà une erreur en russe de l’auteur, surprenante lorsque l’on voit l’érudition religieuse de cette dernière et sa connaissance de la France et de Paris ?
Cela m’amène au deuxième défaut, si tant est que cela en soit un : même si l’auteur se montre assez pédagogue, certains lecteurs pourront lui reprocher de procéder régulièrement à de plus ou moins longs exposés d’histoire, de doctrine et de liturgie traditionnelles catholiques, qui peuvent être durs à suivre pour un public de moins en moins au fait de la culture générale religieuse. Mais nous sommes là dans la veine de tous ces romans à inspiration religieuse sortis récemment, dont le plus célèbre a été dernièrement le Da Vinci code de Dan Brown.
Troisième et dernier point : on peut être choqué parfois par la vision manichéenne et la virulence d’Elena Tchoudinova, qui n’aime pas l’irénisme et l’angélisme consensuels, en particulier vis-à-vis de l’islam, qui à ses yeux se résume à une religion abrutissante, rabaissant l’humanité et l’emprisonnant dans un carcan d’obligations, faisant de la femme la soumise de l’homme, manière de voir un peu dans la veine de l’italienne Oriana Fellucci, l’autre grande passionaria anti-islamique. Certains diront qu’elle confond islam et islamisme, et que cela n’est pas la même chose…

Pour conclure, malgré tous les défauts, inhérents à tout ouvrage, un bon moment de lecture, rappelant par sa tonalité défaitiste et apocalyptique Le Camp des saints, de Jean Raspail (1973), dont l’histoire captive et amène à s’interroger sur notre société et son devenir, ce qui est le propre de tout bon roman d’anticipation. N’est également pas sans lui donner du charme le parfum d’interdit qui entoure le livre, toutes les grandes maisons d’édition ayant refusé en France de l’éditer, pour des raisons de « politiquement correct » et de craintes de réactions virulentes de la part de certains…Mais le propre de la grande littérature n’est-il pas de nous déranger dans nos petits conforts et de mettre le doigt là où cela fait mal, pour mieux nous aider à aller de l’avant ?

En vous incitant à vous plonger à votre tour dans cet ouvrage, et en vous souhaitant une bonne lecture !

A.T

Autre avis :

Comme l’indique le titre, nous sommes en 2048 à Paris.
Dépaysement assuré, non pas en raison d’innovations technologiques révolutionnaires par rapport à 2005, année de la parution en Russie de l’ouvrage, mais parce que la sharia, la loi islamique, s’applique désormais sous sa forme la plus radicale depuis plusieurs années en France, les derniers non musulmans n’étant que tolérés et regroupés en ghettos, avec le statut discriminatoire de « dhimmis ».
L’islam règne donc partout dans ce qui fut la « Fille aînée de l’Eglise » et les autres grands pays d’Europe, seuls la Russie et les Etats-Unis lui échappant. Partout ? Pas tout à fait car des résistants existent, qui perpètrent des attentats contre des dignitaires –à chaque fois bien peu sympathiques- de la théocratie mahométane, avant finalement de mener une action d’éclat, dont l’ex-cathédrale Notre-Dame de Paris, devenue la mosquée Al Franconi, sera la toile de fond.
Pas vraiment d’histoire d’amour pour le reste mais une atmosphère épique et apocalyptique, où règnent les valeurs de courage, de loyauté et de service de Dieu, avec quelques doses parfois de surnaturel.

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Présentation de l’éditeur

" Quand on commence à faire des concessions, on ne peut plus s’arrêter. Qui avait prononcé cette maxime étrange, et à quel moment ? C’était la pure vérité ! Mais qui pouvait dire qu’il eût jamais concédé quoi que ce soit, où était sa faute ? Dans sa famille, il n’y avait eu que des militaires. Lui aussi, il avait voulu entrer dans l’armée, dès son plus jeune âge. Dans l’armée de ce pays, de ce bloc militaire. Alors qu’il était gosse, on avait changé de religion. Et puis après ? La religion, ce n’est qu’une pièce rapportée, un gadget qui ne signifie rien du tout. Le pays ne s’était pas transporté ailleurs, la population était toujours là, même si les vagues migratoires successives avaient provoqué une énorme croissance démographique, et l’ennemi traditionnel restait la Russie, comme par le passé. On avait frôlé le conflit avec elle du temps de son arrière-grand-père, à l’époque de la guerre froide, cela pouvait se produire aujourd’hui encore. Rien n’avait changé. Et il ne faisait que son devoir. Oui, mais quel avenir préparait-il à ses enfants ? Lui n’était pas comme ces gens là, Assette n’était pas non plus comme ces gens là. Mais les enfants, eux, les enfants allaient se fondre dans leur masse, comme une cuillère de café en poudre dans un bol d’eau bouillante. Ses petits enfants ne feraient plus qu’un avec eux. Quand on commence à faire des concessions, on ne peut plus s’arrêter. "

Biographie de l’auteur

Ecrivain reconnu, fine connaisseuse de la France, Elena Tchoudinova a vendu 100 000 exemplaires de son roman en Russie depuis sa parution en 2005. Elle a mis trois ans avant de trouver un éditeur dans le pays où l’action du récit se situe, la France.

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