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La maison de Matriona - Alexandre Soljenitsyne

La maison de Matriona - Alexandre Soljenitsyne

Collection Pavillon poche - Editions Robert Laffont

publié par Jean, le jeudi 26 mars 2009

Un petit méconnu parmi les ouvrages d’Alexandre Soljenitsyne ; la maison de Matriona est un recueil de trois nouvelles où la vie quotidienne russe est décrite par un conteur amoureux de son pays.

On ne présente plus Alexandre Soljenitsyne et cet ouvrage n’est pas exactement une nouveauté. La maison de Matriona est une réédition que Robert Laffont a la bonne idée de nous proposer.
Loin des récits polémiques et engagés d’Alexandre Soljenitsyne, ce petit recueil nous propose en 3 nouvelles un portrait de la vie intime du peuple russe pendant la période communiste. Chaque personnage pourrait être Ivan Denissovitch s’il n’était pas déjà au goulag !

Critique de la maison de Matriona

Un professeur à la recherche d’une Russie profonde idéalisée, un adjoint de chef de gare, exalté par la cause communiste, un collège victime de la bureaucratie ; trois contextes différents qui, chacun à leur manière font briller une facette de l’âme slave si chère à Alexandre Soljenitsyne.
Le petit peuple, obtu et misérable ; le communiste, tellement dévoré par son idéal et son sens du devoir que toute sa vie se résume à cette foi aveugle dans le communisme ; l’immobilisme et les injustices de la bureaucratie mêlée de copinage.
Soljenitsyne fait vivre cette Russie profonde qu’il regarde avec beaucoup de bienveillance mais dont il sait aussi nous montrer les limites, les faiblesses, les lâchetés et l’aveuglement.
D’une lecture facile et agréable (nous sommes loins des longues énumérations de l’Archipel du Goulag, mais plutôt dans un parallèle à la Journée d’Ivan Denissovitch) la maison de Matriona nous montre la vie sous le communisme sous un jour très différent de ce que nous a montré Rouja Lazarova dans Mausolé.
Deux visions différentes, mais complémentaires.

Présentation de l’éditeur

Six mois après la disparition d Alexandre Soljenitsyne, « Pavillons Poche » rend hommage à l’écrivain d’exception, Prix Nobel de littérature, en publiant l’une de ses œuvres qui a exercé la plus grande influence sur la littérature soviétique.

Après une dizaine d années d internement dans un désert poussiéreux et brûlant, Ignatitch éprouve un grand désir de fraîcheur, de tranquillité et de forêts bruissantes. À l été 1956, il se rend au cœur de la vraie Russie et prend un poste de professeur de mathématiques dans le village de Talnavo. Une vieille femme, Matriona Vassilievna, accepte de l’héberger dans son isba. Dans le silence et le respect de l’autre, ils partageront leur maigre fortune et leur solitude. D inspiration nettement autobiographique, cette longue nouvelle raconte le retour aux sources de l’auteur, la vie misérable de son peuple, incarné par une Matriona résignée et lasse et son exemplaire humanité. Écrit en 1959, La Maison de Matriona a paru dans la revue Novy Mir en 1963 et fut publié pour la première fois en France chez Julliard en 1966.

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Biographie de l’auteur

C’est son ouvrage Une journée d’Ivan Denissovitch, publié en 1962 dans la revue soviétique Novy Mir, grâce à l’autorisation de Nikita Khrouchtchev en personne, qui lui acquiert une renommée tant dans son pays qu’internationalement. Le roman décrit les conditions de vie dans un camp de travail forcé russe du début des années 1950 à travers les yeux d’Ivan Denissovitch Choukhov, archétype du paysan russe moyen que l’on suit au cours d’une journée.

Ses romans Le Premier Cercle et Le Pavillon des Cancéreux, ainsi que le premier tome de son épopée historique La Roue rouge, paraissent en Occident où il reçoit le Prix Nobel de littérature en 1970, récompense qu’il ne pourra percevoir que quatre ans plus tard après avoir été expulsé d’URSS.

En décembre 1973, paraît à Paris (en version russe) L’Archipel du Goulag où il expose le système concentrationnaire soviétique du Goulag, qu’il a vécu de l’intérieur, et la nature totalitaire du régime. Écrit entre 1958 et 1967 sur de minuscules feuilles de papier enterrées une à une dans des jardins amis, une copie avait été envoyée en Occident pour échapper à la censure.

Il quitte la Russie et s’installe d’abord en Suisse, puis émigre aux États-Unis. L’occident découvre alors un homme orthodoxe conservateur et profondément slavophile très critique sur la société occidentale de consommation.

Dans le cadre de la Glasnost menée par Mikhaïl Gorbatchev, sa nationalité russe lui est restituée et l’Archipel du Goulag est publié en URSS à partir de 1989. Après la fin de l’URSS, via la France (inauguration du mémorial des Lucs-sur-Boulogne (Vendée) le 25 septembre 1993), il rentre en Russie le 27 mai 1994, où il résidera jusqu’à sa mort. Jusqu’en 1998, il conserve une activité sociale intense, a sa propre émission de télévision, voyage à travers la Russie, rencontre une multitude de personnes. La maladie interrompt cette activité.

Le 12 juin 2007, le président Vladimir Poutine rend hommage à Soljenitsyne en lui décernant le prestigieux Prix d’État.

Il meurt à son domicile moscovite à 89 ans dans la nuit du 3 au 4 août 2008 d’une insuffisance cardiaque aiguë. Il est enterré au cimetière du monastère de Donskoï.

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P.-S.

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