Le fait est surprenant. En effet, après avoir flâné entre la Victoire de Samothrace, La Venus de Milo, les antiquités égyptiennes, vous pourrez longer les tours médiévales du château du Louvre et découvrir grâce à un bond dans le futur le Louvre sous les coups de crayons de quatre auteurs de bande dessinée. Mais pourquoi faire entrer la BD au Louvre ? à priori cela ne saute pas aux yeux. Musée du Louvre-BD ; BD-musée du Louvre, drôle de mariage.
Approchons....
Dans cette grande salle rectangulaire, je découvre des planches de BD de formats différents, à des étapes de créations différentes, et surtout quatre styles très différents. Et chacune de ses œuvres est liée par un principe simple : l’auteur a du choisir une œuvre, une collection, une salle du Louvre et en a fait un élément important de l’« histoire ». Voilà l’idée intéressante que les éditions Futuropolis développent depuis quelques années au point d’avoir créer une collection de bande dessinée spécifique au Louvre.
Et bien c’est pas mal du tout !
L’univers très particulier de chacun des dessinateurs donne une vision unique du musée. Nicolas de Crécy, Marc-Antoine Mathieu, Éric Liberge, Bernar Yslaire se sont appropriés le musée que ce soit de façon futuriste, mystérieuse, historique ou spychologique.
Les quatre albums de l’exposition :
On retrouve avec plaisir la mise en scène graphique et moins torturée que d’habitude de Bernar Yslaire. Le ciel au dessus du Louvre est consacré au musée à l’époque de la Révolution française.
Nicolas de Crécy place quant à lui l’histoire dans une futur indéterminé
où des archéologues découvrent le Louvre prisonnier des glaces. Période Glaciaire rivalise d’originalité dans son graphisme et reste une œuvre très esthétique qui introduit le loufoque au cœur des œuvres d’art.
A travers une série de trois albums Éric Liberge raconte dans Aux heures impaires, l’histoire de Bastien un jeune sourd qui, le temps d’un stage va découvrir le Louvre. Le dessin fin et travaillé de Liberge nous entraine de salle en salle dans un univers artistique instable ; Une réflexion étonnante sur l’empire des rêves.
A travers ces quatre œuvres, les éditions Futuropolis ont réussi à poser une passerelle entre la BD et l’art. L’exposition se visite rapidement mais elle est soignée et pédagogique. Des écrans vidéo montrent des planches de dessins réalisées étapes par étapes. Des planches de différents formats révèlent le travail préparatoire, la réalisation de la BD, les techniques, les matériaux utilisés. La BD est un art et elle peut être parfaitement légitime lorsque qu’elle entreprend comme ici une réflexion sur l’art et le travail de l’historien ! il semble que ce soit le message du Louvre. La Bande dessinée a pris du galon et est élevée au rang d’art contemporain. Profitons-en !