publié par Claire, le lundi 27 octobre 2008
| Ce premier roman, très engagé, de Fadéla Hebbadj nous touche car l’histoire de ce petit garçon est révoltante. L’écriture vivante et claire de Fadéla Hebbbadj tend tout le récit vers l’espoir d’une rencontre, d’un travail. |
Comment ne pas culpabiliser devant l’accueil hostile des hommes et des femmes, tous ces "blancs" qui vivent confortablement avec leur grand lit et leur réfrigérateur plein. Personne ne vient à leur secours, Nasser et sa Mama seront même chassés de l’appartement glacé qui leur servait d’abri. Ce court roman est le triste tableau d’une réalité. La France, n’est pas l’eldorado attendu et rêvé
Ce récit n’est pas une révélation comme beaucoup semblent le dire. Plus d’une génération a déjà fait le voyage dangereux des clandestins, autant d’hommes, de femmes et d’enfants livrés à eux même et exclus d’office. C’est une réalité. Alors la politique de l’autruche c’est terminé.
Mais je m’étonne que certains lecteurs de l’Arbre d’ébène ne voient dans ce récit que l’occasion de mettre en avant leur bonne conscience ( je le dis avec respect et heureusement qu’il existe des français pour se soucier des plus pauvres ). Néanmoins, ont-ils oublié leur propre combat pour trouver un travail, le garder, élever des enfants, créer des liens fraternels ? En France et pour les français la vie n’est pas un conte de fée. Cessons de vouloir un jouet qui n’existe pas.
Alors l’Arbre d’ébène, c’est avant tout l’histoire d’un mensonge. Une catastrophe annoncée. Les mots de Nasser, mi-enfant, mi-adulte m’ont moi aussi touchée. Mais le message que je garderai sera : "quel gâchis !" Nasser, sa Mama et bien d’autres ont enduré les pires exclusions. Mais la pire c’est cette barrière invisible et douloureuse entre blancs et noirs. Ce mur qui les rend étrangers l’un à l’autre. Les blancs sont transparents et n’ont aucun sentiment. La France est "une société malade d’argent avec des hommes qui n’ont plus pitié pour leur parents"( p113 ).
Modérons cela et essayons de regarder en vérité le monde qui nous entoure. Le récit de Nasser et de sa maman montre, la difficulté à vivre loin de chez soi. Sans repère, tout devient hostile. Alors que toutes les bonnes volontés s’unissent pour que chaque homme soit respecté et accueilli.
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