publié par Claire, le mardi 25 août 2009
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Voir l’interview de Patrice Pellerin (40 min )
La disposition dans une grande pièce lumineuse, une des belles salles de prestige de l’Hôtel de Ville aux magnifiques boiseries, vestiges de l’ancien Hôtel de Conti, rappelle les ors de Versailles. Un cadre qui se prête très bien à la bande dessinée de Patrice Pellerin.
Le second cycle des aventure de L’Epervier commence à Versailles. Avant de nous entrainer dans une nouvelle aventure maritime épique, Pellerin a choisi le château de Versailles pour décor.
En plus des tableaux explicatifs, toutes les planches sont exposées sous verre, avec un encadrement doré fixé sur des panneaux bleu roi. L’ensemble donne beaucoup de prestige et de lisibilité. La fiction et la réalité s’associent élégamment pour nous entrainer dans les détails de fabrication de la bande dessinée.
Cette exposition ne reprend pas seulement le tome 7, La Mission. Dans un ordre chronologique, les 6 tomes précédents sont présentés.
Ce travail sur l’ensemble de la série est très intéressant. On y découvre que les dix première planches du tome 1, Le Trépassé de Kermellec, étaient à l’origine dessinées pour une aventure de Barbe Rouge ! Seul le visage d’Eric à été substitué par celui de Yann de Kermeur ! Autre effet de miroir anecdotique, ( pas volontaire selon Patrice Pellerin ) : le surnom L’Epervier est aussi le nom du navire d’Eric. Les aventures de Barbe Rouge ont donc contribué aux prémisses de celles de L’Epervier...
Alors pour éclairer les nombreux mystères autour de la jeunesse de l’Epervier, l’origine de sa cicatrice, les évènements qui ont faits de lui très jeune, un marin et fin stratège d’exception, Patrice Pellerin a publié Les archives secrètes en 2006. Plusieurs planches sont exposées.
Cette exposition met en avant le travail et la technique de l’auteur. On connait le talent de Pellerin et sa minutie des détails qui le caractérise. On ne se rend pas forcement compte des heures de recherche et de calculs nécessaires pour chaque scène. Pour le tome 7, Patrice Pellerin a pris le chemin des archives royales et dans un souci d’authenticité extrême il est allé jusqu’à retrouver la décoration et la disposition du mobilier dans les salles du château de Versailles. Ce souci de véracité se révèle aussi dans les dessins au crayon, avec les lignes de perspectives et les cotes dignes d’un dessin d’architecture.
Au centre de l’exposition, un reportage donne la parole à Patrice Pellerin. Avec beaucoup de simplicité il explique sa vision du métier de dessinateur. A la fois comédien, costumier, metteur en scène. Pour ce grand curieux, la réalisation d’une aventure commence par la connaissance de la réalité historique d’un site, la recherche du détail. Comme le bateau volant qui a réellement existé pour relier le Fort de Berthaume à la terre ferme. Point de départ extraordinaire d’une scène balayée par le vent et l’écume.
Votre œil d’expert pourra examiner en détail des dessins à l’encre de chine, des planches avec la mise en couleur et des originaux de la collection de la Galerie Daniel Maghen. Un vrai régal pour passionnés d’histoire. Et même si dans le tome 7, les navires sont à quai, vous pourrez par cette exposition découvrir encore de superbes planches de fresque maritime.