Blog d'actualité littéraire


Accueil > Bienvenue sur le blog de Lirémoi ! > * Critiques de livres > Jean Teulé, Mangez-le si vous voulez (roman)
Jean Teulé, Mangez-le si vous voulez (roman)

Jean Teulé, Mangez-le si vous voulez (roman)

publié par Claire, le vendredi 15 mai 2009

Entre boucherie sauvage et liesse d’un jour de fête, laissez votre sensibilité au vestiaire et essayez si vous le pouvez d’accompagner Alain de Monéys...

Mangez-le si vous voulez, Jean Teulé
Quel livre terrible que ce court roman en 20 chapitres ! Le précédent roman de Jean Teulé, Le Montespan était d’un sujet autrement plus agréable mais la tournure narrative donnée à celui-ci mérite aussi toute notre gratitude de lecteur. Voilà un rapport minutieux, vivant et parfois drôle, des événements tragiques du 16 Aout 1870

Critique de mangez-le si vous voulez

La malice de Jean Teulé tient de son talent à saisir des anecdotes, des faits réels de notre histoire de France, retranchés dans les mémoires et pourtant plus romanesques qu’un roman. Dans Mangez-le si vous voulez,Jean Teulé raconte la journée tragique de ce jeune homme, victime d’une foule devenue folle. Un fait divers terrible mais bien réel qu’il raconte d’une façon extraordinaire.
Cette journée commençait bien pour Alain de Monèys,28 ans, des projets plein la tête et doté d’un caractère bon, joyeux, généreux, attentif à chacun. Enfin, l’homme idéal, apprécié de tous.
Entre deux rencontres sympathiques à la Foire d’Hautefaye (Périgord), distillés subversivement, Jean Teulé apporte quelques couleurs sombres à cette scène paisible. Le théâtre se ressert et au fil des discussions un mot est retenu par la foule " prussien". Point de départ d’une envolée d’hystérie et de folie meurtrière. "Venez on a chopé un prussien".

Jean Teulé raconte pas à pas toutes les étapes de cette mise à mort et l’intensité de son récit est accentué par les paroles du jeune homme. Sa gentillesse excessive pour ses amis donne parfois des dialogues loufoques, des envolées lyriques "O quels baisers, quels enlacements fous" P50. Jean Teulé aime dédramatiser les situations et là encore il trouve le moyen d’aller au-delà des descriptions de la condamnation à mort, c’est aussi le regard comique d’une scène délirante. Certain, comme nous, que tout cela va s’arrêter, Jean Teulé fait dire à Alain "qu’il faudrait dire à ma mère que je rentrerai plus tard" P58. Ironie cinglante !

Le découpage en chapitre-station donne une visibilité acérée du scénario. Le muret de pierres sèches, le vieux cerisier, la brouette, tous ces lieux anodins sont détournés avec acharnement.
Face à Alain de Monèys, la fureur de la foule est comme un rouleau compresseur que rien n’a pu arrêter. Un nuage chimique aux "vertus" machiavéliques se serait déposé sur tout le village que l’on aurait mieux compris le basculement furieux de cette foule. Acharnement, perte totale de lucidité, acte collectif délirant. Le lendemain le village de cannibales est dans un état de "catatonie" ( je vous laisse découvrir le sens de ce mot scientifique ). Personne ne comprend comment la situation a pu en arriver là.

Tout cela est véridique, selon les sociologues il s’agit d’un phénomène ancestral. Celui de la violence collective d’une société à une période charnière de son histoire, concentrée sur un bouc émissaire ; une scène qui aurait pu avoir lieu n’importe où, et qui peut avoir lieu n’importe quand.
Alors, je me pose une question, pourquoi Jean Teulé a-t-il choisi cet évènement ? Y-a-t-il un lien avec notre société ?

- La réponse est dans cette vidéo de Jean Teulé : ICI

Le village des cannibalesconsacré à cette tragédie est disponible en collection de poche, à un coût très abordable ! C’est un ouvrage de l’Historien toujours extrêmement pertinent Alain CORBIN qui connait bien la région et surtout le Limousin voisin !

Présentation de l’éditeur

Nul n’est à l’abri de l’abominable. Nous sommes tous capables du pire ! Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys, jeune périgourdin, sort du domicile de ses parents pour se rendre à la foire de Hautefaye, le village voisin. C est un jeune homme plaisant, aimable et intelligent. Il compte acheter une génisse pour une voisine indigente et trouver un couvreur pour réparer le toit de la grange d un voisin sans ressources. Il veut également profiter de l occasion pour promouvoir son projet d’assainissement des marais de la région.

Il arrive à quatorze heures à l’entrée de la foire. Deux heures plus tard, la foule devenue folle l aura lynché, torturé, brûlé vif et même mangé. Comment une telle horreur est-elle possible ? Comment une population paisible (certes angoissée par la guerre contre l Allemagne et sous la menace d une sécheresse exceptionnelle) peut-elle être saisie en quelques minutes par une telle frénésie barbare ? Au prétexte d une phrase mal comprise et d une accusation d espionnage totalement infondée, six cents personnes tout à fait ordinaires vont pendant deux heures se livrer aux pires atrocités. Rares sont celles qui tenteront de s interposer. Le curé et quelques amis du jeune homme s’efforceront d arracher la malheureuse victime des mains de ces furieux et seule Anna, une jeune fille amoureuse, risquera sa vie pour le sauver.
Incapable de condamner six cents personnes d un coup, la justice ne poursuivra qu une vingtaine de meneurs. Quatre seront condamnés à mort, les autres seront envoyés aux travaux forcés. Au lendemain de ce crime abominable, les participants hébétés n auront qu’une seule réponse : « Je ne sais pas ce qui m a pris. »

conseils de lecture personnalisés : l'expérience et le service d'un libraire. Accès au guide de conseils de lecture personnalisés

P.-S.

Répondre à cet article

11 Messages de forum

  • Jean Teulé, Mangez-le si vous voulez (roman)

    23 mai 2009 10:40, par pape

    Monsieur pape 33

    Je vous écris pour DENONCER une tare qui gangrène et parasite la lecture, l’intelligence , l’étymologie, le sens des mots…

    Que dans vos informations et commentaires informatifs il y est des erreurs, des défauts, des aberrations : passons !... mais qu’il revienne continuellement et de façon consternante un emploi répété et horripilant d’un terme judéo-chrétien qui en dévient ..crétin, cela parasitent et dénaturent le contenu et le sens complet des sujets.

    A savoir le terme « c.o.n.d.a.m.n.e.r » qui est repris encore et encore et encore dans le même paragraphe... !!! au mépris de son étymologie première, de son sens propre, du respect de son emploi biblique. Croire que vous n’avez que ce mot dans votre crane, devant vos yeux de merde, pour polluer les autres ! C’est pitoyable, consternant !!!…

    vous utilisez ce mot dans vos têtes de mongolien débile, de crétin primitif pour recracher votre vocabulaire anti-laique. !!!!

    Au lieu de faire du copier coller et de tamponner votre encre prenez un dico ! Et instruisez vous !!! N’existe t’il pas de synonyme dans votre vocabulaire, dans vos crâne de primate, à paert ce débile de vocabulaire crétin ??!! dans votre médiocre éducation « journalistique » et intellectuelle ?! mais prenez donc un dictionnaire !!!…pauvres idiots !

    Cela gangrène fortement l’écoute !!!!!!!!!!!!, la signification dans le contexte, et démontre que vous êtes contaminer par ce vocabulaire juif-chrétien qui en devient dévoyé .

    Vous êtes des journaleux, des sombres idiots, de pauvres corrompus, gangrenant et parasitant la langue Française et Laïque !

    Pauvre France, pauvre de vous !

    Voir en ligne : judeo chretin

    Répondre à ce message

    • Quand je vous lis, vous auriez pu être à hautfaye ... Que dire de plus ?

      Répondre à ce message

      • Bravo pour cette réponse cinglante. Ce message haineux est une véritable diarrhée verbale qui ne valorise guère le genre humain. Pour ma part, j’ai écouté la radio ce matin (Europe 1) et je compte bien acheter votre livre. Bravo pour votre prestation radiophonique, je me suis régalé.

        Amicalement cjublin@gmail.com

        Répondre à ce message

        • Jean Teulé, Mangez-le si vous voulez (roman) 25 mai 2009 21:26, par Josiane
          Moi aussi, j’ai entendu M. Teulé sur Europe 1 ce matin, je l’ai trouvé brillant et passionnant. j’ai très envie de lire son livre. Sa réponse au premier message boueux et confus, je n’ai pas compris où son auteur voulait en venir, m’incite encore plus à le lire. Je vous salue M. Teulé, vous êtes un vrai écrivain et un homme bien. Cordialement. Josiane.

          Répondre à ce message

        • vous feriez mieux d’acheter Alain Corbin, Le village des cannibales. Le livre de Teulé n’en est qu’un reflet... c’est effectivement du Teulé pur jus... C’est un habitué du genre. Nous en avons assez des gens qui se font passer pour ce qu’ils ne sont pas !

          Répondre à ce message

          • Jean Teulé, Mangez-le si vous voulez (roman) 22 juin 2009 13:28, par LE RICOU
            vous feriez mieux d’acheter Georges Marbeck, L’année terrible. Le livre de Teulé n’en est qu’un reflet... c’est effectivement du Teulé pur jus... C’est un habitué du genre. Nous en avons assez des gens qui se font passer pour ce qu’ils ne sont pas .

            Répondre à ce message

    • Jean Teulé, Mangez-le si vous voulez (roman) 27 mai 2009 14:38, par Claire

      Cher Monsieur,

      Vous vous emportez au delà du raisonnable, votre verve agressive n’a pas sa place ici et le roman de Jean Teulé ne mérite en rien vos crachats. Avez vous seulement lu le livre ?

      Répondre à ce message

    • Jean Teulé, Mangez-le si vous voulez (roman) 18 juin 2009 13:37, par Cécile
      Quel triste message... Vous avez l’air à cheval sur les principes, cher monsieur, ainsi que sur les mots précis à employer ! Quel dommage que vous ne sachiez pas alors que dans votre phrase "Que dans vos informations et commentaires informatifs il y est des erreurs", "il y est" s’écrive en fait ’il y ait’... A bon entendeur !

      Répondre à ce message

    • Jean Teulé, Mangez-le si vous voulez (roman) 3 juillet 2009 21:36, par lenout

      Attention à vos accords, s’il vous plaît ! "...un emploi répété et horripilant d’un terme judéo-chrétien qui en dévient ..crétin, cela parasitent et dénature nt le contenu..."

      Je n’ai pas lu tout Teulé et de ce que j’ai lu, je n’ai pas tout aimé. Mais plusieurs de ses romans m’ont procuré beaucoup de plaisir (O Verlaine et Le Montespan) et l’un d’entre eux fait partie de ma bibliothèque idéale (Je, François Villon). Alors il ne fait aucun doute que je lirai le dernier, ne serait-ce que pour m’instruire !

      Répondre à ce message

    • Quand on fait une ou deux fautes d’orthographe par mot et autant de syntaxe par phrase on se tait et on retourne au CP ( si tant est qu’on y soit allé un jour ! ) . Et si en plus c’est pour dire des conneries , mieux vaut se suicider ensuite , çà rendra service à l’évolution de l’espèce ...

      Répondre à ce message

      • Jean Teulé, Mangez-le si vous voulez (roman) 13 octobre 2009 10:44, par Lolo

        Quand on fait une ou deux fautes d’orthographe par mot et autant de syntaxe par phrase on se tait et on retourne au CP ( si tant est qu’on y soit allé un jour ! ) . Et si en plus c’est pour dire des conneries , mieux vaut se suicider ensuite , ça rendra service à l’évolution de l’espèce ...

        Mince ! Vous m’avez retiré les mots de la bouche ! J’ajouterais juste que l’insulte et l’agressivité hystériques du cuistre personnage cité nous donne une "petite" idée de la férocité décrite par Teulé dans son roman. Je ne l’ai pas lu, mais j’ai vu son interview par les "deux Eric" (Zemmour et Naulleau) dans l’émission phare "On est pas couchés" et cela était vraiment passionnant, très bonne critique des deux chroniqueurs qui ne sont pas connus pour leur tendresse... De plus, Jean Teulé m’a donné l’impression d’être une personne de qualité, très sympathique. J’achèterai son roman, et d’autres. Amicalement.

        Répondre à ce message


Lirémoi - La Littérature de vos choix, le Blog | généré dynamiquement par SPIP .