| Un roman futuriste qui ne nous parle pas de l’après guerre nucléaire ou d’invasions par des extraterrestres mais du danger de la technique poussée à outrance. Maurice Dantec nous propose avec Grande Jonction un thriller méthaphysique captivant écrit dans un style bien à lui, vigoureux et précis à la fois. |
Grande Jonction est une ville des Etats-Unis, et le choix d’un tel nom n’est pas anodin dans un tel roman.
Alors que les hommes se recyclent eux-même grâce à des bio-composants, ils ont laissé une machine les gouverner et cette machine n’est plus bienveillante.
L’intrigue qui en sort pourrait être convenue et sans surprise. Mais Dantec se saisi de ce scénario pour mener une profonde réflexion sur le langage. De sorte que ce qui n’aurait pu être qu’un polar divertissant se retrouve aussi être instructif !
Le style dynamique nous fait nous accrocher à ce pavé de presque 800 pages que l’on fini presque à regret.
Certaine explications sur le langage, la science et la technique sont un peu longues et laissent les littéraires ignorants de ces questions un peu sur le coté... mais il faut bien que tout le monde puisse y trouver satisfaction !!
L’évocation fréquente de la religion Catholique dans ce livre à suscité des réactions de rejet de la part de certains lecteurs habituels de Dantec. Les moines soldats qui convoient les précieux livres de la bibliothèque du Vatican sont sans doute trop peu édulcorés à leurs yeux. (Il est triste de se dire qu’on ne peut aujourd’hui parler de religion ue de manière négative et en dénigrement systématique.
Pourtant, il est bien agréable, dans un monde littéraire souvent mièvre d’avoir une histoire vraiment virile avec des sentiments forts et profonds. Une virilité qui ne va pas chercher sa justification dans les PMU mais dans le véritable courage dont font preuve les personnages de Dantec, de leur lutte obstinée contre l’adversaire et bien souvent de leur sacrifice.
Un très bon livre, un très bon moment, M. Dantec, vivement le prochain !!
2070. 12 ans après la destruction de la Métastructure qui, si elle a pacifié le monde, est parvenue à complètement machiniser l’Homme. Une seconde mutation est en cours : quelque chose se sert du néant laissé par la Métastrucuture pour le détruire. Elle le tue en attaquant le langage. En le ramenant à son degré zéro, en le convertissant en langage numérique, à une suite binaire de 0-1. L’Homme risque de mourir comme une machine, c’est le piège ultime de la technique Seul espoir, l’attente d’une cargaison de livres. Une bibliothèque entière qui bien sûr est extrêmement menacée.