Une fois encore le jury le l’Académie française met en avant un roman précise et soignée. Le thème est moins historique que les précédents lauréats ce qui lui donne un côté peut être plus accessible. Voici un bon petit roman pour démarrer la farandole des prix littéraires. La suite risque d’être moins "originale"...
Un fait divers étonnant et un bon point de départ pour une réflexion sur la solitude et la remise en question de la notion de chez-soi. C’est aussi un roman sur les racines. |
Tout commence par des disparitions, des déplacements d’objets. Shimura-san vit seul dans une maison silencieuse qui fait face aux chantiers navals de Nagasaki. Cet homme ordinaire rejoint chaque matin la station météorologique de la ville en maudissant le chant des cigales, déjeune seul et rentre tôt dans une retraite qui n’a pas d’odeur, sauf celle de l’ordre et de la mesure. Depuis quelque temps déjà, il répertorie scrupuleusement les niveaux et les quantités de nourriture stockée dans chaque placard de sa cuisine. Car dans ce monde contre lequel l’imprévu ne pouvait rien, un bouleversement s’est produit. "Comme je l’apprendrais plus tard lorsqu’un inspecteur me rappellerait, les agents avaient trouvé porte close chez moi. Aucune fenêtre ouverte, ce qui les avait étonnés. Après avoir forcé la serrure, ils avaient été plus intrigués encore de ne mettre la main sur personne à l’intérieur. Or tout était bien fermé. Croyant à une farce, ils avaient failli repartir tout de suite. L’auteur de cette plaisanterie l’aurait payé cher, monsieur Shimura, me ferait-il remarquer. Par acquit de conscience, toutefois, ils avaient fouillé chaque pièce. C’est dans la dernière, la chambre aux tatamis".
Né en 1963, Eric Faye est l’auteur d’une bonne vingtaine de livres, parmi lesquels figurent "l’Homme sans empreintes" et "Nous aurons toujours Paris".