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Frédéric Mistral : Poète provençal et plus encore

publié par Jean, le samedi 31 mai 2008

Homère a écrit l’Illiade et l’Odyssée, deux chef d’œuvres immortels, et parfois on se demande si il n’y aurais pas eu plusieurs "Homères". Frédéric Mistral, à lui seul, a composé sept chef d’œuvre poétiques, dont le célèbre "Mireille" et le grandiose "Poème du Rhône" et a rendu à la langue Provençale ses lettres de noblesse.

D’où nous vient ce soleil de la littérature ? Quels sont les phénomènes exceptionnels qui ont marqués sa naissance ?

Les réponses sont les plus terre à terre qui soient. Frédéric Mistral est né dans un mas traditionnel de Provence, en 1830. Très proche de nous, mais aussi très éloigné de notre société urbaine, lui pour qui aller dans la ville d’Arles était toute une expédition !

De son éducation rurale et traditionnelle, il a su extraire pour nous les chants merveilleux de "Mireille" et de "Calendal", les chants rustiques des "Olivades" et des "Iles d’Or". Il a fait vivre dans ses œuvres toute la Provence de son temps et nous en laisse le magnifique héritage.

Qu’a à nous dire Mistral aujourd’hui ? Proche de nous dans le temps, il est mort en 1914, son monde ressemble plutôt à celui de l’antiquité et des "Bucoliques" de Virgile qu’à notre individualiste société de consommation.

Il faut savoir le lire sans précipitation et au calme, pourquoi pas dans la nature, alors pour le lecteur qui aura su se mettre à l’écart de la trépidante vie moderne, Frédéric Mistral offre un moment de grâce et de sérénité, un véritable repos de l’âme et du cœur.

En espérant vous avoir donné envie de cette eau fraiche et vive, en voici un verre ...

Grand souleù de la Prouvènço,

Gai coumpaire dou mistrau,

Tu qu’escoule la Durènço,

Coume un flot de vin de Crau,

Fai lusi toun blound càlèu !

Coucho l’oumbro emai li flèu !

Lèu ! lèu ! lèu !

Fai te veire, bèu soulèu !

Ta flamado nous grasibo,

E pamens, vèngue l’estiéu,

Avignoun, Arle e Marsiho

Te reçaupon coume un dièu !

(Pour ceux d’entre nous qui en ont besoin, voici la traduction :

Grand soleil de Provence,

Gai compère du mistral,

Toi qui taris la Durance

Comme un flot de vin de Crau,

Fait briller ta blonde lampe !

Chasse l’ombre et les fléaux !

Vite ! Vite ! vite !

Montre toi beau soleil !

Ta flamme nous rôtit,

Et pourtant, vienne l’été,

Avignon, Arles et Marseille

Te reçoivent comme un dieu !

... ce n’était qu’un verre d’eau, la source est bien meilleure encore !

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P.-S.

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