L’économie de la religion. Editions Salvator
publié par Jean, le vendredi 23 janvier 2009
| Alors que l’on croyait que la foi et la religion était une affaire personnelle entre un homme et son dieu, Jacques Lecaillon nous montre comment le phénomène religieux peut-être analysé de manière rationnelle, avec les règles de la théorie économique, en considérant les églises comme des organisations comme les autres. Une manière de présenter les choses assez déroutante, mais qui explique aussi quels sont les liens d’intérêt réciproques entre la religion et l’état. |
La démarche d’analyse de la religion par la théorie économique est avant tout celle d’un économiste.
Cet économiste n’invente rien mais applique sur les religions les méthodes d’analyses que lui fourni la science.
Le "plaquage" de la théorie économique sur le phénomène religieux est dans l’ensemble assez convaincant, malgré quelques ficelles parfois un peu grosses !
On regrettera que les faits avancés par les statistiques ne soient pas chiffrés et que certains concepts ne soient pas mieux définis.
Toutefois, Foi et Business Model permet de proposer une approche théorique de la religion (hors de sa dimension spirituelle). Maintenant que les bases sont jetées, cet effort demandera à être poursuivi par d’autres économistes, afin de rendre cette analyse encore plus profonde.
L’autre grand intérêt de cet ouvrage est de lever le rideau sur les motivations profondes des relations entre les religions et les états, et ce qu’ils peuvent attendre l’un de l’autre.
Enfin, même si nous savons depuis Max Weber (l’éthique du capitalisme) que toutes les religions ne constituent pas toutes le même terreau pour une société, l’approche de Jacques Lecaillon est purement économique et ne rentre pas du tout dans ce que l’on pourrait appeler la "psychologie" des religions, qui fait que chacune est différente et que ses fruits seront différents. (ex : Jacques Lecaillon nous explique qu’une forte pratique religieuse est favorable à la stabilité de l’état. Est-ce valable pour toutes les religions dans les mêmes proportions ? Est-ce que tous les états et toutes les religions sont compatibles ? )
La voie à l’analyse du phénomène religieux est donc ouverte, mais demande à être approfondies par l’ensemble des sciences d’analyse que nous connaissons aujourd’hui.
Les religions influencent-elles la croissance économique ? Réciproquement, l’élévation des niveaux de vie, la diffusion de l’instruction ; le développement de l’individualisme, ne sont-ils pas responsables d’une certaine force de sécularisation ? En essayant d’apporter des réponses à ces questions. les économistes en ont soulevé d’autres : Comment les attentes des croyants se concilient-elles avec leurs satisfactions profanes ? Comment les Eglises répondent-elles à ces attentes ? Les rivalités qui les opposent favorisent-elles la permanence du sentiment religieux ? Quelles sont les conséquences de l’intervention des Etats dans le domaine religieux ? Le but de ce petit livre est de présenter, dans un langage simple, un bilan de ces interrogations.
Jacques Lecaillon, Professeur émérite de l’université Paris I-Panthéon Sorbonne, est économiste. Comme universitaire, il est l’auteur de plusieurs ouvrages d’analyse économique ; comme consultant d’organisations internationales, il a participé à des études sur le développement et la participation des revenus. Il a publié aux éditions Salvator, Faut-il stopper la croissance ? (2007) et, en collaboration avec J-P. Audoyer, Le dilemme du décideur, Ethique ou Efficacité ? (2006).