| Le fils du printemps- Cristovão Tezza
A des années lumière d’un esprit d’accueil, voilà le monologue d’un père paumé face à l’arrivée de son fils trisomique ! Et oui c’est une histoire où M. et Mme découvrent le pot au rose le jour de la naissance. Pas de diagnostique prénatal, pas de préparation...pas d’avortement...Aussi le jour de la naissance de Felipe, la vie du père bascule dans le néant. |
Parce que la réalité est indigeste, sans prendre de pincettes et au fil de ses réflexions, ce père raconte ce qu’il n’aurait jamais osé dire ouvertement. A la question "comment va ton fils", il répondait invariablement " tout va bien" et d’une tape dans le dos passait à un autre sujet.
Un déni, une honte qu’il ne savait gérer et qui révèle sa propre vulnérabilité. Son entêtement aussi, lui qui se définie comme une sorte de "bovin qui refuse de voir et d’entendre"
Voilà ce qu’il dit :
Des mots d’une brutalité incroyable, sans aucun sentimentalisme mais d’une vrai richesse littéraire. Le ton est donné
Peu à peu la spontanéité de Félipe,son insouciance du futur, donne au père, cet éternel ado, ancien hippie, visant aux crochets de sa femme, un ancrage dans le présent et se dessine un attachement mutuel touchant.
Alors ce qui aurait pu devenir une lecture pesante, se révèle léger et étonnant de vie. Tant l’analyse cynique mais auto-critique nous amène à découvrir au côté de ce père un autre visage de la paternité et surtout à se délester d’une illusion de normalité handicapante.
"on est jamais prêt pour un premier", dit le dicton, c’est d’autant plus vrai pour l’arrivée d’un enfant handicapé.
|Ce récit met en lumière l’importance d’une bonne préparation. Pas seulement la chambre et la layette, mais en vérité et loin d’un schéma social pesant, qu’est ce qu’être parent ?
Et cet enfant, Felipe, il a gagné toute sa place dans le coeur de son père et pourtant, il aurait sans doute fait parti des 98% d’avortés s’il y a avait eu le fameux dépistage obligatoire...
A découvrir donc !