Les moines de Tibhirine, Camille Claudel, Dostoievski, Sade, Arletty, Oppenheimer
publié par Claire, le mardi 9 juin 2009
| Les passions interdites de Blanche de Richemont
Ce court recueil se lit par petites bouchées ou avidement selon votre caractère ! j’ai trouvé cette lecture "tonifiante" et Blanche de Richemont arrive en quelques pages à saisir "l’immense énergie spirituelle et physique" déployée par des hommes et des femmes telle que Camille Claudel, Dostoïevski ou les moines de Tibhirine. Elle-même séduite par l’immensité du désert et du silence, Blanche de Richemont nous parle d’un monde que nous côtoyons mais que nous refusons parfois |
N’est-ce pas cette folie qui manque à notre société ? Cet engagement absolu qui donne à la vie une force incomparable.
A la fois passivité ( passion, du latin patior : souffrir, éprouver, endurer ) et immense énergie, des vies comme celles des moines de Tibhirine ou d’Isabelle Heberhardt rompent et font scandale. Le désir d’exigence et d’absolu qui les caractérisent semblent ne pas avoir sa place dans notre société civilisée. A contre courant, elles gênent, dérangent, leur expression devient interdite.
Ces vies ( pour certaines ) peuvent-être source d’admiration, dans tous les cas elles ne peuvent laisser indifférents. En effet je reprocherai à Blanche de Richemont de ne pas assez différencier les passions qui tournent les hommes vers les autres ou vers le dépassement de soi, de celles qui l’abaissent et qui s’apparentent à des convoitises destructrices. La problématique de ce recueil est d’explorer des existences extrêmes sans apporter de jugement. L’approche est sociologique, c’est très réussi, mais gardons notre esprit critique pour voir ce qui distingue les moines de Tibhirine de Sade !
Les artistes maudits, Camille Claudel et Diane Arbus ; les êtres de foi,
les moines de Tibhirine et Aung San Suu Kyi ; les aventuriers solitaires,
Isabelle Heberhardt et Reinhold Messner ; les chercheurs acharnés, Galilée et Oppenheimer ; les grands libertins, Sade et Gabriel Matzneff ; les joueurs affamés, Dostoïevski et Stu Ungar ; les amoureux déchirés, Arletty, Gabrielle Russier, Rimbaud et Verlaine ; tous ces passionnées ont marqué leur temps.
Tous ont vécu plus fort, plus haut. Tous ont brisé les lois des hommes et de la nature. Tous ont connu la chute. Ces pages tentent de mettre en lumière le combat, l’isolement, la grâce, le bonheur incompris de ces êtres incandescents.
Blanche de Richemont s’interroge sur ces destins brisés et ces vies hors du
commun et tente de répondre à cette question : qu’est-ce que vivre dans le feu ?
Après un DEA de Philosophie de l’art, Blanche de Richemont s’est consacrée à l’écriture et aux voyages. Elle est l’auteur de deux essais aux Presses de la Renaissance, Eloge du désert et Eloge du désir ; ainsi que d’un roman chez Robert Laffont, Pourquoi pas le silence.
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