Edition Flammarion
publié par Claire, le mercredi 2 juin 2010
| Aesculapius, les mystères de Druon de Brévaux, Andrea H. Japp
Héluise, déguisée sous les traits d’un jeune mire, nommé Druon, part sur les routes de France bien décidée à éclaircir les mystères qui entourent la mort de son père. |
Son itinérance clandestine l’amène sur les terres de Béatrice d’Antigny, une femme Seigneur, plus proche de Kriss de Valnor (Héroïne de la BD Thorgal pour ceux qui connaissent...) que de la reine Jeanne et de l’amour courtois. Elle ignore la pitié mais son âme est vierge de souillure. Comme le dit son fidèle serviteur, Léon, sorte de tueur à gage reconverti.
Le temps d’une enquête Druon sera l’hôte très surveillé de cette cour étrange.
Entre conspiration, jalousie, superstition, meurtre, le jeune Druon devra pour sauver sa propre vie et celle du jeune Huguelin, déjouer les tentatives de meurtres les plus atroces et s’attaquer aux agissements monstrueux d’une sorte de bête de Gevaudan semant la terreur et la mort.
Andrea H. Japp est considérée comme l’une des "reines du crime françaises". Une garantie tout commerciale qui ne sera pour autant pas remise en question ici.
Cependant voici quelques petites critiques :
L’image du Moyen Age qui nous est donnée ici est caricaturale et les historiens savent bien que celui-ci fut une époque de grande civilisation. Mais donner au Moyen-age une réputation d’obscurantisme, de violence et d’hypocrisie permet de nourrir aisément une intrigue policière.
Alors laissant de côté cette loupe déformante, je reconnais sans problème la qualité de l’intrigue et la présence de personnages hauts en couleurs et en caractère dont la comtesse Béatrice, la mage Igraine et Druon de Brévaux.
Dans un souci d’authenticité linguistique l’auteur a choisi une syntaxe de français qui s’apparente à la syntaxe usitée aux XVIème et XVIIème siècles. Alors au terme de cette lecture attendez-vous à quelques réparties toutes moyenâgeuses mais spontanées comme "votre pardon messire" pour dire " hein, quoi, t’as dis quoi ? "...
Notons pour finir un titre un peu érudit bien que symbolique puisque Aesculapius, c’est Aesculape, la divinité romaine associée à la guérison et à la médecine.
Et des chapitres aux titres immuables : "Saint-Ouen-en-Pail, Aout 1306, ce même jour". Mme Andréa H. Japp, ne manque certes pas de vocabulaire alors pourquoi nous lasser avec cette répétition ?
Quelques remarques qui n’enlèvent rien au plaisir de cette lecture, il s’agit d’abord d’une fiction et j’attends avec impatience la suite des aventures de Druon de Brévaux